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 Projection JOY DIVISION + Edouard Von Shaeke @Colisée Colmar

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Hiéro
Invité



MessageSujet: Projection JOY DIVISION + Edouard Von Shaeke @Colisée Colmar   Mar 3 Mar - 12:09

samedi 07.03 à 20h

projection du film JOY DIVISION puis party avec EDOUARD VON SHAEKE @ cinéma Colisée / 20h / 5€

projection du film JOY DIVISION de Grant Gee



Après la fiction sur Ian Curtis, voici Joy Division, un documentaire de facture relativement classique sur un groupe qui ne l’était pas (puis l’est devenu), récit chronologique d’une fulgurante aventure de quatre années et deux albums qui changèrent le rock sur tous les plans – musical, gestuel, visuel, existentiel.

Le réalisateur Grant Gee, fan de la première heure, opère selon la méthode éprouvée faisant alterner montage d’entretiens et images d’archives, dont certaines inédites. Pour tous ceux qui vécurent en direct cette période charnière du rock, voir défiler ici les membres du groupe, mais aussi des figures telles que le businessman Tony Wilson, le designer Peter Saville ou le producteur Martin Hannett, fait l’effet d’un banquet de fondantes madeleines. Le film déroule impeccablement l’histoire du groupe mais fait bien ressortir aussi ce qui faisait sa singularité : le son froidement métallique avec la basse en avant, le design élégant et laconique des pochettes et affiches, le look fragile et hautain, les textes violemment désespérés, la voix sépulcrale de son chanteur.

Les anecdotes fourmillent sur la somme de hasards qui finissent par cristalliser selon une mystérieuse magie pour aboutir à l’étoffe dont on fait les mythes – par exemple, comment une mauvaise balance a permis d’“inventer” le son Joy Division avec la basse prééminente. Le film note aussi comment Joy Division fut l’émanation de l’ouvrière Manchester et des années de montée de notre crise de civilisation.

Ian Curtis était bien sûr le point focal du groupe : gringalet au regard intense, personnalité schizo, doux et songeur le jour, écorché et énervé la nuit (ou le contraire), qui réinventa tout sans en avoir pleinement conscience. Toutes les images de Curtis, qu’elles soient fixes ou animées, constituent les passages les plus bouleversants de ce documentaire. Dès qu’il apparaît, le film devient électrique, diffuse un sombre et douloureux halo.

Par contraste, voir Hook ou Sumner raconter placidement leurs souvenirs du bon vieux temps démythifie un peu toute la ténébreuse aura du groupe. Ian Curtis croyait tellement au rock qu’il y a laissé sa peau, alors que ses compagnons, plus distants, moins ravagés, ont débonnairement vieilli. Eternelle histoire que raconte ce film, prouvant que Joy Division était un groupe unique par son style mais semblable à tous les autres dans sa dimension humaine.




EDOUARD VON SHAEKE
Selection spéciale de ce pousse-disques pour cette soirée à base d’ electronic new-rave…
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